Qui suis-je? Où vais-je? Dans quelle étagère?!

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Ma démarche artistique

Mon travail s’articule autour de plusieurs formes d’expression. Je suis un peu touche à tout ! Le collage d’abord, qui a été et qui demeure peut-être mon medium de prédilection, que je conçois en tableau, puis en volume (mannequins). Le collage a vite appelé la sculpture, mixte, conjuguant le papier et le matériel informatique de récupération. Enfin, j’ai convié, au fil de mon travail, le dessin avec comme techniques, le feutre noir, la peinture acrylique, et dernièrement le promarker.

Le Collage. « Laisser parler les p’tits papiers ! »

J’aime jouer avec les images, les assembler, les mettre en scène, proposer une nouvelle réalité avec des choses existantes, vues, souvent très connues, de Michel-Ange à Disney, et les proposer à travers mon propre prisme, pour détraquer la réalité.

L’idée serait peut-être de faire un pied de nez, un clin d’oeil à cette surabondance, cette surenchère d’images, pour leur donner de nouvelles perspectives. Je m’efforce à faire de mes collages de grandes conférences, ou juste des saynètes, comme de petites – et modestes – paraboles du monde, ce monde tel qu’on nous le sert dans les médias, opaque et confus, ses bruits dont on nous gave, en allumant la télévision, en écoutant la radio, dans les journaux, l’info, la pub, tout ce “bruit” que l’on vit à la fois comme une menace, un agacement, et qui dans le même temps a quelque chose de rassurant, si on le considère dans le concept plus doux de cosmogonie. Et c’est paradoxal, parce que je contribue moi-même à nourrir un peu plus cette surabondance !

C’est aussi la collision des registres d’images, des plus légères aux plus chargées de sens, qui m’intéresse: j’emprunte à la pub, au dessin animé/animation, à l’iconographie religieuse, historique, politique, picturale, pop… pour retourner la culture et l’Histoire contre elles-mêmes, dans une sorte de panographie, un caléidoscope de formes et de couleurs.

On peut voir mes collages (et leurs titres) comme de grands cadavres exquis. Mais ce n’est pas un hasard ; il y a une forte empreinte surréaliste dans mon travail. J’aime par exemple souvent faire apparaître des personnages hybrides en proie aux métamorphoses. Le travail de Prévert est en ce sens pour moi une grande inspiration.

J’aime l’idée de montage, de trompe-l’oeil, de “déplacement”. Les images sont comme lâchées en liberté, puis remises en scène, scénographiées, pour provoquer un choc visuel. Souvent, j’imagine tout ce petit monde parler, crier, murmurer, comme une ruche, un brouhaha, dans toutes les langues, humaines ou animales. En réalité, je les mets en boite, pour les faire taire ! Je les fige, les épingle, comme des insectes dans un sous-verre. Mais ils reprennent vie malgré moi je crois, on peut les imaginer s’animer à nouveau, certains prenant la pause, d’autres vaquant à leurs occupations. Et tous sont réunis, dans un grand melting pot iconoclaste, notamment dans mes grands formats où j’incite le regard à tomber, comme Alice dans le terrier, à se perdre sans se fixer.

Je m’efforce de jeter un regard amusé, ironique mais toujours tendre sur mon époque, et les précédentes. J’aime conter des histoires, et livrer des petits mondes avec humour et poésie, entre rêve et voyage.

Sculpture. Quoi ? L’Eternité.

Mon travail autour de la sculpture s’articule autour du thème du corps humain. J’ai une véritable fascination pour l’anatomique, l’organique, l’écorché, j’y vois une merveilleuse esthétique d’abord, et le point de départ à une profonde réflexion philosophique et métaphysique. Ce travail en particulier fait référence d’une part aux Vanités, et s’inscrit d’autre part dans une actualité scientifique ; une révolution du “temps humain” est en marche; la bionique s’attache à remplacer de plus en plus efficacement des membres ou organes du corps humain par le biais de greffes de parties mécaniques et de systèmes électroniques. Ces progrès de la science permettront peut-être un jour à l’Homme de vieillir à l’infini, et d’accéder à l’immortalité. La vie éternelle constitue l’un des rêves les plus anciens et les plus fous de l’histoire de l’humanité. Mes hybrides homme-machine font donc référence à ces évolutions de la “techno-médecine”.
Une question métaphysique en découle : que feront les Hommes de cette immortalité? Comme l’a dit Woody Allen, “l’éternité, c’est long. Surtout vers la fin!”

NB. Le thème de l’écorché est aussi présent dans certains de mes tableaux.

Dessin, rotring, peinture et Promarker.

Mon travail autour du dessin a commencé de façon compulsive et totalement instinctive dans de petits carnets, comme un exutoire. Je les ai peu à peu développés en moyens et grands formats. Mes thèmes de prédilection sont encore une fois le temps, l’anatomique, la nature (faune et flore), les chimères. J’aime utiliser le rotring noir pour la pureté du trait, ce qui est l’essentiel de mon travail de dessin, mais je lui fais parfois des infidélités pour la couleur acrylique et le promarker, notamment dans mes deux dernières séries consacrées à l’art maya, et au dessin psychédélique.

Mes dessins, comme mes collages et mes sculptures, sont le plus souvent riches en information et cherchent eux aussi à perdre un peu le regard dans une multitude de formes et/ou de couleurs.